Les aurores polaires géantes d\'il y a 3,5 milliards d\'années
Comme en témoignent des roches vieilles d\'environ 3,45 milliards d\'années, le champ magnétique de la Terre était alors deux fois plus faible qu\'aujourd\'hui. Face à un vent solaire cent fois plus important qu\'à l\'heure actuelle, cette faiblesse devait provoquer de gigantesques aurores polaires et surtout conduire à une érosion de l\'atmosphère de la planète.
À Barberton, en Afrique du Sud, se trouvent des roches formées au début de l\'Archéen, entre 3,5 et 3,2 milliards d\'années, au sein de ce que l\'on appelle une « ceinture de roches vertes ». Il s\'agit de restes métamorphisés d\'une zone volcanique associés à des roches sédimentaires. Cette région, qui offre une fenêtre sur le passé de la Terre, est intensément étudiée depuis longtemps. Un groupe de chercheurs vient de faire parler les cristaux de quartz contenus dans les dacites de Barberton. Grâce à leurs inclusions, on a pu remonter à l\'intensité du champ magnétique de la Terre il y a environ 3,45 milliards d\'années. Le champ magnétique de la Terre était alors deux fois plus faible à cette époque.
Les observations astrophysiques portant sur des étoiles comparables au Soleil et d\'âges variés, ainsi que la théorie de l\'évolution stellaire, impliquent que, bien que la luminosité du Soleil était plus faible d\'environ 23% à cette époque, le souffle du vent solaire devait être probablement cent fois plus important. Les calculs indiquent que la taille de la magnétosphère de la planète devait être elle aussi deux fois plus faible, s\'étendant à probablement à moins de 5 rayons terrestres (contre 10,7 fois aujourd\'hui). Le flux de particules solaires frappant notre planète devait donc être bien plus important. Les aurores polaires devaient être bien plus fréquentes et s\'étendre sur des zones au moins trois fois plus vastes qu\'aujourd\'hui. On devait donc pouvoir les admirer à des latitudes aussi basses que celle de New York.
La magnétosphère, en déviant en partie les particules du vent solaire, protège aussi l\'atmosphère de l\'action érosive de son souffle. Sur Mars par exemple, le refroidissement plus rapide de la planète a dû supprimer sa géodynamo depuis longtemps et la perte de sa magnétosphère a accéléré celle de son atmosphère. Au début de l\'Archéen, la Terre devait perdre elle aussi des quantités importantes de molécules d\'eau ainsi que d\'autres molécules volatiles.
Source : Futura-Science (Laurent Sacco)
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