|
La trace magnétique des oscillations terrestres (17/02/2010) En étudiant les variations du champ magnétique de la Terre dans le temps et l'espace enregistrées depuis plusieurs siècles, deux géophysiciens ont vérifié qu'il existait bel et bien des mouvements d'oscillation de la partie liquide du noyau de la Terre. Observations et théories sont en accord. La structure interne de la Terre est explorée depuis plus d'un siècle à l'aide des mesures de son champ de gravité, des variations de sa rotation et surtout grâce aux ondes sismiques générées par les séismes. Le géomagnétisme est un autre moyen de sonder les entrailles de la Terre. En effet, le champ magnétique terrestre est généré par les mouvements turbulents de la partie liquide du noyau, composé essentiellement de fer et nickel. Le mouvement de rotation de la Terre (dont l'axe ne diffère que de 11° de celui de la composante dipolaire du champ géomagnétique) intervient dans le mécanisme de la géodynamo. La modélisation du comportement fluide de la partie liquide du noyau, entre le manteau et la graine, conduit à admettre que tout se passe en gros comme s'il existait 20 cylindres en rotation avec différentes vitesses autour d'un axe commun. Les calculs prédisent alors des mouvements d'oscillation comparables à des vagues sur la surface de l'océan dans cette partie liquide. Ils prendraient naissance à l'interface manteau-noyau et se propageraient ensuite en s'affaiblissant vers la graine, en seulement quelques dizaines d'années. Les calculs théoriques donnent des périodes d'oscillation de 85, 50, 35 et 28 ans. Logiquement, les modes d'oscillation du fluide doivent se trouver codés dans les variations spatio-temporelles du champ magnétique. En utilisant les données enregistrées, il devait être possible de vérifier ces calculs. C'est ce que viennent de faire Jean Dickey (Jet Propulsion Laboratory) et Olivier de Viron (Institut de Physique du Globe). Ils expliquent dans Geophysical Research Letters que les méthodes d'analyses utilisant des séries temporelles révèlent la présence de 6 fréquences d'oscillations lentes, dont les 4 théoriques données précédemment semblent assez bien établies et confirment donc les calculs théoriques. Il serait donc possible d'utiliser les mesures du champ magnétique satellitaires pour étudier l'intérieur du noyau. |