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La preuve d'un réchauffement exceptionnel au fond d'un lac arctique L’étude des sédiments du fond d’un lac nord-canadien a ouvert 200 000 ans d’archives biologiques et géochimiques et montré que les dernières décennies sont « uniques ». Ce lac canadien, de 400 km2, est situé par 70° de latitude nord, sur la côte est de l’île de Baffin, en face du Groenland. Sous 10 mètres de glace et d’eau se trouve un sédiment remarquablement préservé, car même si des glaciers ont plusieurs fois recouvert ce lac, ils n’en ont pas érodé le fond pour diverses raisons. En parvenant à y extraire une carotte, les glaciologues ont pu récupérer ainsi 200 000 ans de dépôts biologiques (80 000 de plus que le précédent record, au fond d’un lac groenlandais). L’étude met en évidence un réchauffement net et brutal depuis une cinquantaine d’années. Par exemple, plusieurs espèces de moucherons adaptés aux milieux froids se sont brusquement éteintes à partir des années 50. La conclusion de l’étude est que cette région a connu des épisodes aussi chauds ou plus qu’aujourd’hui pendant seulement deux périodes : le début de l’holocène (notre époque, interglaciaire) et l’interglaciaire précédent. On aurait dû observer, au contraire, un refroidissement causé par le mouvement tournant de l’axe de rotation terrestre. Durant les trois périodes interglaciaires, la corrélation avec les variations d’ensoleillement est en revanche très bonne. Mais sur les dernières décennies, ce couplage n’existe plus. « Ces résultats montrent que l’impact des activités humains dépasse l’effet de processus naturels à long terme ». |