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Des spores de plantes vasculaires dans des sédiments de l'Ordovicien Une équipe internationale de chercheurs décrivent cette semaine dans la revue Science un assemblage spectaculaire de spores de plantes vasculaires présents dans des sédiments d'Arabie Saoudite datant de l'Ordovicien supérieur (-460 à -443 millions d'années). Cette découverte replace l'origine et la radiation adaptative des plantes vasculaires, une étape importante de l'invasion des continents par les plantes, plusieurs millions d'années avant ce que l'on imaginait antérieurement, et sur le Gondwana. La vie a débuté sur Terre il y a 3,5 à 3,8 milliards d'années, et son histoire comporte une succession d'étapes essentielles. D'abord microbienne, elle a produit la cellule eucaryote, avec un noyau bien délimité, puis des traces de vie de plus en plus complexes. Une des premières explosions de la diversité est représentée par la faune d'Ediacara, composée en grande partie d'organismes à corps mous et qui correspondrait à l'apparition des métazoaires (organismes pluricellulaires possédant des cellules diversement spécialisées), apparue il y a environ 572 Millions d'années. A partir de 542 millions d'années (Cambrien, début de l’ère primaire), la vie animale explose littéralement, et presque tous les embranchements modernes (mollusques, brachiopodes, arthropodes, échinodermes ...) font leur apparition avec des faunes à coquilles, carapaces et squelettes, ou des types d'organisation anatomique très développés comme pour les organismes de la faune des schistes de Burgess en Colombie Britannique. Au départ la vie est uniquement aquatique. La découverte des premiers indices de plantes terrestres et de la diversification de la vie sur les continents est une autre étape décisive de l'évolution de l'histoire de la vie et de la Terre. La colonisation de la surface terrestre, et le déploiement progressif du couvert végétal avec le développement des sols, vont fondamentalement modifier l'environnement et le climat, par le stockage de carbone ou l'intensification des processus d'altération continentale. En ce qui concerne les plantes, la première preuve de leur présence nous est donnée par leurs spores (organes de dispersion et de reproduction), aux enveloppes organiques très résistantes, ce qui permet leur conservation dans les sédiments. On trouve d'abord des cryptospores, trouvées soit sous forme de cellules isolées, associées par deux, ou par quatre, nues ou enfermées à l'intérieur d'une enveloppe organique. Ces éléments sont produits par une flore primitive, apparentée aux mousses, et encore largement inféodée au milieu aquatique. Ces premiers végétaux sont des cryptogames non vasculaires. Les plus vieux assemblages incontestés de cryptospores sont datés de l'Ordovicien moyen (Darriwilien, environ 468 Millions d'années), mais pourraient remonter au Cambrien moyen. Il faut attendre l'Ordovicien supérieur, pour trouver aussi des spores trilètes, c'est-à-dire qui portent une fente germinative caractéristique en forme de croix à trois branches. On ne connaissait jusqu'à présent que de rares spécimens non ornementés. La présence de spores trilètes est pourtant très importante, puisqu'elles sont produites par des plantes vasculaires ou leurs précurseurs (protracheophytes), c'est-à-dire de végétaux possédant des tissus spécialisés pour le transport de la sève. Le développement des plantes vasculaires était généralement fixé au Silurien (-443 à -416 Ma), et considéré comme une étape essentielle dans l'organisation des plantes sur le continent. Mais, la découverte en Arabie Saoudite, dans l'Ordovicien supérieur (environ 450 Millions d'années), de nombreuses spores trilètes ornementées, avec une diversité qui n'était connue auparavant qu'à partir du Silurien moyen (426 Millions d'années), vient bouleverser ce schéma, avec l'hypothèse que l'expansion des plantes vasculaires et de leurs précurseurs (protracheophytes), s'est opérée beaucoup plus tôt, et à partir du continent gondwanien. Cette hypothèse est importante à double titre. Tout d'abord, elle change notre perception du processus de colonisation des continents par les plantes, et de la période de sortie des eaux, liée à l'apparition de tissus de soutien conducteurs de sève jusqu'à l'extrémité des tiges (tissus vasculaires), qui va permettre la vie émergée. Par ailleurs, cette découverte en Arabie Saoudite, comparée à d'autres éléments trouvés antérieurement en Turquie, est en faveur d'une origine gondwanienne des plantes vasculaires qui auraient migré ailleurs et en se diversifiant. |